

Le Nahash (ou Nahash) est une figure mythique de la Bible hébraïque, désignant le serpent qui parle dans le Jardin d'Éden. Son histoire est celle d'une créature à l'origine de la chute de l'humanité, et sa figure a été l'objet de nombreuses interprétations théologiques et folkloriques au fil des siècles.
Le terme Nahash signifie simplement "serpent" en hébreu. Dans le Livre de la Genèse, il est décrit comme la créature la plus rusée de la création divine. Il aborde Ève et la persuade, ainsi qu'Adam, de désobéir à Dieu en mangeant le fruit défendu de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal.
À l'issue de cet acte de désobéissance, Dieu maudit le serpent en le condamnant à ramper sur son ventre et à manger la poussière. Il instaure également une hostilité éternelle entre la femme et sa descendance d'une part, et le serpent d'autre part.
Dans la tradition juive et chrétienne, la question de l'identité du Nahash a été longuement débattue. Est-il un simple serpent ou Un animal qui parlait ou bien une manifestation démoniaque . La tradition populaire tend à en faire une figure du mal, souvent assimilée à Satan ou au diable, bien que cela ne soit pas explicitement mentionné dans le texte original de la Genèse.
Au-delà de son rôle dans la Genèse, le Nahash a été au centre de nombreuses interprétations symboliques :
Le mal et la tentation :
Le chaos primordial :
Dans le contexte des mythologies du Moyen-Orient, les serpents géants étaient souvent des symboles de chaos. Le Nahash pourrait donc être une représentation de l'ordre divin (Éden) menacé par une force chaotique.
La sagesse profane :
Le serpent est traditionnellement associé à la sagesse, parfois positive (il est l'emblème des médecins) mais souvent négative. Le Nahash offre une connaissance interdite, une sagesse qui conduit à la mort.
L'hybride pré-humain :
Certains rabbins et folkloristes médiévaux ont décrit le Nahash comme une créature à l'apparence différente avant sa chute. Il aurait pu avoir des pattes, voire une forme humanoïde, ce qui expliquerait sa capacité à parler et sa stature avant sa malédiction.
La figure du serpent maléfique se retrouve aussi dans d'autres traditions, où il est souvent une figure du mal ou de la destruction :
Le Nouveau Testament, notamment dans l'Apocalypse (Apocalypse 12:9), identifie le "grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan" comme celui qui a séduit le monde. C'est ce passage qui a cimenté l'assimilation du Nahash à Satan dans la tradition chrétienne.
Le Nahash comme un monstre marin :
Dans le Livre de Job, il est fait mention d'un serpent marin du nom de Léviathan, une figure qui pourrait être une version marine du Nahash, incarnant le chaos primordial.
Aujourd'hui, le Nahash reste une figure centrale des récits fondateurs du judaïsme et du christianisme, un rappel de la fragilité de la condition humaine face à la tentation et à la force du mal.