

Le lutin est une créature du folklore européen, principalement associée au monde des fées et des esprits. Son histoire est riche et variée, se transformant au fil du temps et des cultures, passant d'un esprit domestique bienveillant à un être espiègle, voire malicieux.
Le mot "lutin" trouve ses racines dans le vieux français. Il est lié à "nuton" ou "nuiton", une petite créature nocturne. Le terme a une parenté avec d'autres mots germaniques et latins, désignant des esprits de l'eau ou de la nature.
Le concept du lutin est un archétype que l'on retrouve sous différentes formes dans de nombreux folklores, ce qui rend difficile une seule origine. Il est le descendant direct des esprits de la maison ou des esprits de la nature, qui existaient bien avant l'ère des contes.
La figure du lutin n'est pas monolithique ; elle varie grandement selon les régions et les époques.
Dans son incarnation la plus ancienne, le lutin est un esprit familier, un génie du foyer qui protège la maison et aide ses habitants.
Le rôle protecteur :
Il est souvent associé à la prospérité du foyer. Il peut accomplir des tâches ménagères pendant la nuit, comme balayer, filer ou moudre le grain. En échange, il ne demande qu'un peu de lait, de pain ou de bouillie, laissés pour lui. Si l'on essaie de lui offrir des habits, il part.
Les noms locaux :
Cette figure se retrouve dans de nombreuses traditions européennes : le Brownie en Écosse, le Kobold en Allemagne, le Domovoi en Russie.
Avec le temps, le lutin a développé un côté plus facétieux. Il devient un farceur qui s'amuse à taquiner les humains.
Les farces classiques :
Il peut faire disparaître des objets, emmêler les crinières des chevaux, ou faire du bruit dans le grenier. Le lutin de cette époque n'est pas foncièrement mauvais, mais il est capricieux et se vexe facilement si l'on ne lui témoigne pas de respect.
La notion de "lutinage" :
L'expression "lutiner" signifie d'ailleurs "faire des farces".
Dans certains récits, le lutin peut se montrer cruel et même dangereux.
Le Goblin et le Farfadet :
Ces termes, bien que souvent utilisés comme synonymes, peuvent désigner des créatures plus malveillantes. Le gobelin est une figure de la mythologie celtique qui est souvent dépeinte comme méchante et gourmande. Le farfadet est plus ambigu, à la fois espiègle et parfois dangereux, capable de mener les voyageurs à se perdre.
La peur de l'enlèvement :
Comme les fées, les lutins sont parfois soupçonnés d'échanger des enfants humains (les changeling).
Le lutin est généralement représenté comme un petit être, parfois barbu, portant un vêtement vert ou rouge et un bonnet pointu.
Le bonnet rouge ou vert :
La couleur rouge est souvent associée à la protection et à la magie, tandis que le vert le relie à la nature et aux forces de la terre.
La petitesse :
Sa petite taille le rend discret et lui permet de se cacher facilement dans la maison ou la forêt.
La figure du lutin a évolué et est aujourd'hui présente dans la culture populaire, bien que son rôle soit souvent simplifié.
Le lutin de Noël :
L'image la plus répandue aujourd'hui est celle du lutin du Père Noël, qui l'aide à fabriquer les jouets dans son atelier. Cette figure est une invention américaine du XIXe siècle, popularisée par les écrits de Clement Clarke Moore et les illustrations de Thomas Nast. C'est une incarnation moderne et idéalisée de l'esprit travailleur et bienveillant.
La fantasy et la littérature :
Les lutins sont des créatures récurrentes dans les œuvres de fantasy, comme dans Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, où ils sont appelés hobbits ou goblins. L'elfe de maison Dobby dans Harry Potter est une version moderne de l'esprit domestique.
Le lutin a traversé les âges en s'adaptant, passant d'un esprit craint et respecté à une figure enfantine et amicale. Son histoire est le reflet de la relation changeante entre l'homme et le monde invisible qui l'entoure.