

Le Gajasimha (ou Gajasimba) est une créature mythologique hybride issue de la tradition hindoue et sud-asiatique, combinant l’éléphant (gaja) et le lion (simha). Il symbolise la puissance royale, la protection et l’union des forces animales considérées comme souveraines.
Origine et symbolisme
Étymologie : Gaja signifie « éléphant » en sanskrit, et Simha « lion ». L’association des deux crée une figure hybride qui incarne la force colossale de l’éléphant et la majesté du lion.
Racines culturelles : Le Gajasimha apparaît dans l’art et l’architecture de l’Inde médiévale, notamment dans les temples du sud (Tamil Nadu, Karnataka). On le retrouve sculpté sur les piliers, les portails et les frises.
Symbolisme :
L’éléphant représente la stabilité, la mémoire et la puissance terrestre.
Le lion incarne la royauté, le courage et la force solaire.Présence dans l’art et l’architecture
Temples hindous : Le Gajasimha est souvent représenté comme monture ou gardien, placé à l’entrée des sanctuaires pour repousser les forces maléfiques.
Dynasties royales : Dans l’iconographie des Pallava et des Chola (VII XII siècles), il est utilisé comme emblème de pouvoir et de légitimité.
Sculptures : On le voit dans les temples de Mahabalipuram et de Kanchipuram, où il est sculpté en bas-relief, parfois en posture de combat ou de garde.
Interprétation poétique
Le Gajasimha peut être lu comme une figure de transition et de dualité :
Il unit la mémoire (éléphant) et la vigilance (lion).
Il incarne la fusion des mondes terrestre et céleste.
Dans une lecture symbolique, il est le gardien des seuils, protecteur des passages entre le profane et le sacré.
Héritage
Le Gajasimha est moins connu que d’autres hybrides hindous (comme le Yali ou le Makara), mais il reste une figure importante dans l’imaginaire architectural et mythologique.
Aujourd’hui, il est étudié comme un exemple de création syncrétique, où l’art sacré invente des formes hybrides pour exprimer la puissance divine et royale.