
L'Ankou est l'une des figures les plus emblématiques et les plus fascinantes du folklore breton. Il ne s'agit pas de la Mort elle-même, mais plutôt de son serviteur, un ouvrier qui vient collecter les âmes des défunts pour les emporter dans l'au-delà. Son histoire est profondément enracinée dans la mythologie celtique et a évolué au fil des siècles.
Héritage celtique : L'Ankou est considéré comme un héritage de la mythologie celtique. Son nom, en breton, Ankoù, est lié à la racine indo-européenne nku- qui signifie "mort" ou "défunt". Il est lié à des figures similaires dans d'autres cultures celtes, comme l'Ank ou l'Ankow en cornique et le Angheu au Pays de Galles.
Le conducteur des morts : Dans la tradition celtique, il existait un "conducteur des morts", un rôle souvent attribué à une divinité. L'Ankou a repris ce rôle dans le folklore breton, passant du statut de divinité à celui de simple "ouvrier" de la mort, un personnage plus proche des préoccupations quotidiennes.
L'ouvrier de la mort : Le rôle de l'Ankou est de collecter les âmes des morts récents pour les transporter vers l'autre monde. Selon la légende, l'Ankou de chaque paroisse est le dernier mort de l'année précédente, qui est ainsi chargé de cette tâche pour l'année suivante.
Apparence : L'Ankou est souvent décrit comme un grand et mince vieil homme, ou parfois comme un squelette vêtu d'un linceul ou d'une grande cape noire et portant un chapeau. Sa tête est parfois décrite comme pouvant tourner sur elle-même pour scruter les environs et repérer les âmes à prendre.
La charrette grinçante : Son principal attribut est sa charrette, le karrig an Ankou, qui grince bruyamment. On dit que quiconque entend ce bruit la nuit sait qu'un mort est imminent, soit pour lui, soit pour un de ses proches.
Les attributs : Son outil est traditionnellement une faux, mais elle est tenue à l'envers, la lame tournée vers l'extérieur. Il peut aussi être représenté avec une pelle ou un pieu, selon les légendes et les régions.
Une figure omniprésente : La figure de l'Ankou est omniprésente dans la culture bretonne, des contes et légendes orales aux Ĺ“uvres littéraires et artistiques. Il est un personnage central des contes du recueil "La Légende de la Mort" d'Anatole Le Braz, qui a grandement contribué à populariser la figure de l'Ankou au XIXe siècle.
Des représentations artistiques : On trouve de nombreuses sculptures et représentations de l'Ankou dans les églises et les ossuaires de Basse-Bretagne, souvent sur les porches et les bénitiers. Il est parfois accompagné de la fameuse inscription "Je vous tue tous" sur l'ossuaire de La Roche-Maurice.
Une familiarité avec la mort : La figure de l'Ankou reflète la relation particulière qu'entretiennent les Bretons avec la mort. Loin d'être une entité lointaine et abstraite, la mort est une réalité concrète et tangible, symbolisée par un "ouvrier" qui vient faire son travail, ce qui la rend à la fois familière et redoutée.